Les Thérapies Comportementales et Cognitives

Dina Hamdani et Mathilde Panzer, psychologues, nous aident à mieux connaitre cette approche de la thérapie.

Quels sont vos parcours ?

Mathilde : J’ai un Master en psychologie clinique et psychopathologie intégrative à Descartes. Puis je me suis formée à l’Aftcc aux thérapies comportementales et cognitives (TCC). Mes premiers postes en tant que psychologue étaient en psychiatrie, en clinique privée et en neurologie à la Pitié-Salpêtrière. Parallèlement, j’ai développé une pratique en libéral. 

Dina : J’ai fait mon Master à Paris X mention psychologie clinique et psychopathologie, orientation TCC. En parallèle, j’ai fait des formations complémentaires en TCC. J’ai commencé à exercer au CMP de Savigny sur Orge et dans une unité de réhabilitation psychosociale C3RPE. Depuis octobre, j’ai une pratique libérale.

En quelques mots c’est quoi les TCC ?

Dina et Mathilde : Il s’agit de thérapies validées scientifiquement et basées sur les théories de l’apprentissage et du conditionnement. On cherche à comprendre la problématique d’un point de vue bio-psycho-social et à analyser avec le patient comment s’est construit son trouble puis comment il se maintient.

Mathilde : Cette approche comporte des outils concrets à transmettre aux patients, qu’ils peuvent utiliser en autonomie par la suite. On les aide à comprendre qu’ils ont les ressources pour assouplir certains de leurs fonctionnements. Et cela permet aussi de créer un langage commun tout au long de la thérapie (« schémas, pensées automatiques, cercle vicieux, valeurs etc.). Enfin, j’aime beaucoup la posture collaborative de ces thérapies.

N.B. La première vague correspond à la vague dite comportementale (issue des travaux du célèbre Pavlov, et du non moins célèbre Skinner). La seconde vague est cognitive (issue des travaux de Beck), on investigue un peu plus « la boite noire » soit les théories centrées sur la pensée et les schémas cognitifs. Enfin, la troisième vague est la vague dite émotionnelle. La thérapie d’acceptation et d’engagement, la pleine-conscience ou mindfulness (MBCT/MBSR) et la thérapie des schémas de Young en font partie.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous former à cette thérapie ?

Mathilde : Quand j’ai été diplômée, on m’a conseillée de m’y former pour me permettre d’être assez solide sur le plan de l’évaluation et d’avoir des outils efficaces à utiliser rapidement dans ma pratique clinique. J’ai senti que ça me donnait confiance quand j’ai commencé. Aujourd’hui c’est une grille de lecture qui m’aide à comprendre les difficultés des personnes que j’accompagne. Puis, la psychoéducation, soit le fait de partager ses connaissances, est vraiment aidante pour se sentir légitime.

Comment cette formation a-t-elle changé vos pratiques ?

Dina : Pour moi, il y a un aspect concret qui est venu pallier certaines appréhensions notamment au début de ma pratique. J’ai pu être rassurée sur ce que je proposais à mes patients et aujourd’hui ce sont des outils que je peux enrichir au fur et à mesure des formations complémentaires. En effet, la troisième vague (la vague émotionnelle qi s’ajoute aux vagues comportementales et cognitives) m’a permis d’assoir mes entretiens cliniques. Puis, les outils sont nombreux, cela permet de beaucoup s’ajuster.  

Quel est le point fort de cette thérapie ?

Dina : C’est une thérapie validée scientifiquement, qui donne des résultats assez rapides.

Ensuite, il y a la collaboration avec le patient. Rapidement dans la thérapie, on partage un langage commun. Il sait que c’est « son schéma d’abandon » par exemple. Le psychologue ne détient pas le savoir, il se met au même niveau et donc cela participe à une bonne alliance thérapeutique.  Tout le monde se sent en confiance.

Mathilde :  C’est un outil facile à transmettre aux patients, qui les rassurent. Cela fait « sérieux ».

Et les limites que vous avez rencontrées ?

Mathilde : Parfois il y a besoin d’aller en profondeur, et ça me donne envie de voir autre chose. Je pense aux thérapies du trauma notamment.  

Dina : Quand on nous transmet les protocoles en formation, c’est assez structuré. Mais dans la pratique, il y a souvent des comorbidités (plusieurs problématiques associées), alors en TCC pure c’est compliqué. C’est là que les troisièmes vagues sont bien utiles.  

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :