Le bien-être au travail des entrepreneurs

J’ai eu la chance d’interviewer la dynamique Laura, fondatrice de Bien dans ta boite, qui m’accompagne en coaching depuis quelques mois déjà et dont j’admire particulièrement le travail. Vous pouvez découvrir son travail sur le groupe Facebook Bien dans ta boite ou le site internet https://biendanstaboite.fr

Nous espérons de tout cœur que Le Club Psycho et Bien dans ta boite auront l’occasion de travailler très bientôt ensemble !

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours en quelques mots ? 

Je suis Laura, je suis fondatrice de Bien dans ta boite. J’accompagne depuis février 2019 les entrepreneurs dans leur bien-être au travail grâce à du coaching et yoga. Je suis donc certifiée en psychologie positive, je suis diplômée de yoga vinyasa et en yoga thérapie. 

Tu y proposes des accompagnements de bien-être pour les entrepreneurs, quels sont les outils qui t’inspirent pour tes coachings ? 

Beaucoup de courant m’inspirent. Je travaille avec la psychologie positive, la thérapie d’acceptation et d’engagement notamment la notion d’acceptation émotionnelle. En parallèle, je propose des outils de mindfulness (pleine conscience), de yoga et du coaching d’inspiration comportementale et cognitive. Et bien entendu, les grands principes du courant humaniste, tels que l’empathie, la congruence, la non-directivité… 

En parallèle, je travaille avec le yoga, la yoga-thérapie et l’énergétique.  

A quoi ressemble ta journée-type ? 

Je m’occupe de mon chien et de mes poules. Je commence par le travail de fond pour Bien dans ta boite, je consulte mes mails, je fais ma compta, je prépare mes interviews ou mes persona pour mes nouveaux projets. Puis je consulte jusqu’à la promenade du chien et j’enchaine soit sur un cours de yoga, soit à nouveau sur un travail de fond pour Bien dans ta boite. Bien entendu, je ne travaille ni le soir, ni le week-end.  

Pourquoi avoir choisi d’accompagner les entrepreneurs ? 

Les entrepreneurs c’est une histoire familiale : je viens d’une famille d’entrepreneurs. J’ai pu de très près constater la solitude dans le bien-être au travail car ma maman a fait plusieurs burns-out. On entend beaucoup d’entrepreneurs qui disent : « Je ne peux pas m’arrêter » et pour cause, s’ils s’arrêtent, très souvent cela n’impacte pas qu’eux mais bien toutes les personnes qu’elles emploient.  On le voit bien aujourd’hui avec la crise du covid-19, les indépendants font partie des oubliés du système social. En France, nous n’avons pas vraiment une culture entrepreneuriale. D’un point de vue sociologique, le salariat a été très bien étudié mais il existe encore très peu d’études qui s’intéressent à ce que vivent les entrepreneurs. 

Je peux citer aujourd’hui Olivier Torres qui a écrit un papier très intéressant sur la solitude des dirigeants, mais à ma connaissance, c’est à peu près tout !

Sur quel projet travailles-tu en ce moment ou aimerais- tu travailler ? 

En ce moment, le grand axe de développement de Bien dans ta Boite c’est l’axe de formation. Je travaille actuellement sur une version en béta test sur la posture dans l’accompagnement toujours avec mon obsession du courant humaniste. Actuellement j’interviens notamment en stratégie d’entreprise et j’aimerais intervenir encore davantage dans le domaine de la santé. 

Comment serait Bien dans ta boite dans un monde idéal d’ici quelques années ? 

Je crois beaucoup à la pluridisciplinarité. Alors, dans un monde idéal, j’aimerais créer des maisons de santé version bien-être au travail. Là on peut vraiment proposer des prises en charge qui déboitent !

Cela permettrait d’avoir des approches plus harmonieuses, d’éviter les errances thérapeutiques et travailler le corps, l’esprit et l’énergie d’une manière globale. 

Encore un grand merci pour tes réponses et ta belle énergie communicative. 

L’Intégration du Cycle de la Vie (ICV)

Les états du moi ici représentés

L’intégration du Cycle de la Vie (ICV) est une thérapie à part entière créée par Peggy Pace. Elle traite les troubles dissociatifs de l’identité, les troubles de l’attachement (les traumas complexes), l’état de stress post-traumatique (ESPT) et les troubles anxieux.

Le fil rouge de la thérapie est la ligne du temps (une liste de souvenirs années après années qui permet au corps de faire l’expérience factuelle du temps qui passe).

Peggy Pace fait le constat clinique que la répétition d’une ligne du temps aide à l’intégration neuronale des différents états du moi du patient autrefois dissociés et bloqués dans le passé, venant hanter le présent du patient. Ces répétitions associées à un accordage thérapeute-patient permettent alors de relancer le traitement adaptatif de l’information et de créer de nouvelles connexions cérébrales.

L’intégration se fait en douceur, les émotions se libèrent et des changements comportementaux apparaissent : une meilleure régulation des émotions, de la bienveillance et compassion envers soi-même et son histoire de vie, une meilleure affirmation de soi et des relations aux autres plus apaisées.

Le but de la thérapie est donc de construire un soi plus solide (un récit autobiographique cohérent) qui sera protecteur pour pouvoir faire face ensuite aux événements de la vie.

Les troisièmes vagues : La thérapie des schémas

Nous en avons parlé avec Dina et Mathilde, les travaux issus du modèle cognitif de Beck ont amorcé le travail sur les filtres de la pensée. Mais Jeffrey Young ajoute une dimension émotionnelle. Certains souvenirs, certaines émotions, sensations, images sont stockés dans la mémoire à long terme et influencent les pensées et les comportements des sujets.  Lorsque l’individu a connu une non-satisfaction de ses besoins précoces, il se met à traiter le monde d’une manière parfois trop rigide et surtout en inadéquation avec la situation actuelle. C’est donc une réactivation du schéma précoce inadapté (issu du passé) qui vient hanter le présent.

La thérapie des schémas a pour objectif de :

  • Repérer les schémas du sujet et de détailler les situations du présent dans lesquels ils s’activent
  • Valider leur fonction passée
  • Pour pouvoir trouver des stratégies alternatives plus adaptées aujourd’hui (reparenter l’enfant pour pouvoir grandir et s’affirmer en tant qu’adulte).

La troisième vague

Act (Acceptance and Commitment Therapy) : La thérapie d’acceptation et d’engagement

ACT : Apprendre.à surfer sur les vagues émotionnelles au service de se reconnecter à ses valeurs

Les TCC se modernisent et revoient leur copie. L’arrivée des deux premières vagues a considérablement fait avancer la psychologie scientifique. Mais les émotions et les sensations physiques manquent à l’appel.

Steven Hayes crée alors la thérapie d’acceptation et d’engagement. Selon les professionnels de la santé psychique, la principale cause de la souffrance humaine serait liée à l’évitement expérientiel (ou de façon moins barbare, l’évitement des émotions désagréables). L’énergie mise au service de cet évitement réduit considérablement le répertoire des comportements disponibles. Pour schématiser, tout le temps qu’une personne consacre à prévenir un danger (inexistant dans le présent, mais qui pourrait peut-être arriver un jour alors autant s’y préparer…) en ritualisant, ce temps n’est pas utilisé pour jouer avec ses enfants, pour travailler sur un projet professionnel etc. 

Alors, la bonne santé mentale serait d’utiliser l’énergie au service de se rapprocher de ses valeurs tout en apprenant à faire de la place à ses émotions inconfortables et à défusionner avec ses pensées.

Les Thérapies Comportementales et Cognitives

Dina Hamdani et Mathilde Panzer, psychologues, nous aident à mieux connaitre cette approche de la thérapie.

Quels sont vos parcours ?

Mathilde : J’ai un Master en psychologie clinique et psychopathologie intégrative à Descartes. Puis je me suis formée à l’Aftcc aux thérapies comportementales et cognitives (TCC). Mes premiers postes en tant que psychologue étaient en psychiatrie, en clinique privée et en neurologie à la Pitié-Salpêtrière. Parallèlement, j’ai développé une pratique en libéral. 

Dina : J’ai fait mon Master à Paris X mention psychologie clinique et psychopathologie, orientation TCC. En parallèle, j’ai fait des formations complémentaires en TCC. J’ai commencé à exercer au CMP de Savigny sur Orge et dans une unité de réhabilitation psychosociale C3RPE. Depuis octobre, j’ai une pratique libérale.

En quelques mots c’est quoi les TCC ?

Dina et Mathilde : Il s’agit de thérapies validées scientifiquement et basées sur les théories de l’apprentissage et du conditionnement. On cherche à comprendre la problématique d’un point de vue bio-psycho-social et à analyser avec le patient comment s’est construit son trouble puis comment il se maintient.

Mathilde : Cette approche comporte des outils concrets à transmettre aux patients, qu’ils peuvent utiliser en autonomie par la suite. On les aide à comprendre qu’ils ont les ressources pour assouplir certains de leurs fonctionnements. Et cela permet aussi de créer un langage commun tout au long de la thérapie (« schémas, pensées automatiques, cercle vicieux, valeurs etc.). Enfin, j’aime beaucoup la posture collaborative de ces thérapies.

N.B. La première vague correspond à la vague dite comportementale (issue des travaux du célèbre Pavlov, et du non moins célèbre Skinner). La seconde vague est cognitive (issue des travaux de Beck), on investigue un peu plus « la boite noire » soit les théories centrées sur la pensée et les schémas cognitifs. Enfin, la troisième vague est la vague dite émotionnelle. La thérapie d’acceptation et d’engagement, la pleine-conscience ou mindfulness (MBCT/MBSR) et la thérapie des schémas de Young en font partie.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous former à cette thérapie ?

Mathilde : Quand j’ai été diplômée, on m’a conseillée de m’y former pour me permettre d’être assez solide sur le plan de l’évaluation et d’avoir des outils efficaces à utiliser rapidement dans ma pratique clinique. J’ai senti que ça me donnait confiance quand j’ai commencé. Aujourd’hui c’est une grille de lecture qui m’aide à comprendre les difficultés des personnes que j’accompagne. Puis, la psychoéducation, soit le fait de partager ses connaissances, est vraiment aidante pour se sentir légitime.

Comment cette formation a-t-elle changé vos pratiques ?

Dina : Pour moi, il y a un aspect concret qui est venu pallier certaines appréhensions notamment au début de ma pratique. J’ai pu être rassurée sur ce que je proposais à mes patients et aujourd’hui ce sont des outils que je peux enrichir au fur et à mesure des formations complémentaires. En effet, la troisième vague (la vague émotionnelle qi s’ajoute aux vagues comportementales et cognitives) m’a permis d’assoir mes entretiens cliniques. Puis, les outils sont nombreux, cela permet de beaucoup s’ajuster.  

Quel est le point fort de cette thérapie ?

Dina : C’est une thérapie validée scientifiquement, qui donne des résultats assez rapides.

Ensuite, il y a la collaboration avec le patient. Rapidement dans la thérapie, on partage un langage commun. Il sait que c’est « son schéma d’abandon » par exemple. Le psychologue ne détient pas le savoir, il se met au même niveau et donc cela participe à une bonne alliance thérapeutique.  Tout le monde se sent en confiance.

Mathilde :  C’est un outil facile à transmettre aux patients, qui les rassurent. Cela fait « sérieux ».

Et les limites que vous avez rencontrées ?

Mathilde : Parfois il y a besoin d’aller en profondeur, et ça me donne envie de voir autre chose. Je pense aux thérapies du trauma notamment.  

Dina : Quand on nous transmet les protocoles en formation, c’est assez structuré. Mais dans la pratique, il y a souvent des comorbidités (plusieurs problématiques associées), alors en TCC pure c’est compliqué. C’est là que les troisièmes vagues sont bien utiles.  

Le coaching expliqué par Anne Elisabeth

Peux tu te présenter en quelques mots ainsi que ton parcours ?

Je m’appelle Anne-Elisabeth, j’ai 32 ans je suis chargée d’étude consommateur pour une grande entreprise cosmétique. Je fais ce métier depuis 10 ans et j’ai récemment décidé d’entamer ma transition professionnelle vers le coaching.

Quand et comment t’es-tu intéressée au coaching ?

Après une dépression principalement liée à mon travail, je me suis posée la question de ma place et de mes choix professionnels. J’ai réalisé que je n’étais « alignée » avec ce que je faisais. Alors, j’ai entamé une psychothérapie qui m’a aidée à mettre au clair les choses importantes dans ma vie et à être plus en phase avec mes valeurs personnelles et professionnelles.

J’ai très vite identifié la formation et le conseil comme étant des axes me tenant à coeur. En effet, ces deux champs ont beaucoup influencé mon choix de métier initial mais je m’en étais éloignée avec le temps.

Une autre partie de ma personnalité que j’ai redécouverte en travaillant sur moi est mon orientation vers l’humain et mon amour de l’autre. J’ai pris conscience que dans ma vie personnelle et professionnelle, j’adoptais souvent une posture de « conseil » de l’autre que j’aimais beaucoup. M’orienter vers le coaching m’est donc apparu comme une évidence.

Comment se passe un coaching type ? 

Il est important de rappeler que le cadre du coaching est celui des thérapies brèves.

Le but des premières séances sera d’établir l’objectif du coaché. Cette première étape peut être plus ou moins longue. Certaines personnes viennent me voir avec un objectif de départ : celui de changer de métier. Puis, ils réalisent au fur et à mesure des séances qu’il s’agit plutôt de changer de philosophie, de modifier la place qu’elles prennent dans leur vie de manière globale. De la même façon, quelqu’un qui désire perdre du poids précise un peu plus tard son désir : celui de s’aimer, s’accepter.

Ensuite, en fonction des problématiques à travailler, je propose 5 à 6 rendez-vous. Au cours de ces séances, si nous estimons que plus de temps est nécessaire, alors je réoriente. La pluridisciplinarité et le travail de réseau est vraiment capital.

Quelles sont les principales raisons d’entreprendre un coaching ?

Lorsque nous sommes coincés dans des situations inconfortables et qu’il nous est difficile de nous mettre dans l’action. Prendre un coach, c’est s’engager vis-à-vis de quelqu’un. Cela débloque la mise en route, permet la mise en place d’un plan d’action structuré. Il n’y a donc plus aucune raison de rester dans l’inaction.

Quels changements as-tu observé chez tes coachés ?

Un changement d’état d’esprit. Les personnes qui subissaient des situations déplaisantes reprennent le contrôle de la voiture et recommencent à diriger leur vie. Je pense par exemple à une femme qui a du mal à trouver sa place dans son couple, aujourd’hui elle peut identifier les fois où elle « prend sur elle ». Elle prend conscience de son fonctionnement. Ensuite, il faudra une étape supplémentaire pour permettre le changement. 

Faut-il selon toi, bien se connaitre pour bien coacher ?

je pense que c’est important de connaitre ses limites personnelles. Le rôle du coach est d’emmener les individus à agir afin de s’approcher de leurs valeurs personnelles, et parfois ce ne sont pas les nôtres. Sans un travail sur soi, il y a des risques de les emmener vers la mauvaise direction, une direction qui nous correspond à nous mais pas à eux…

Quel est le livre qui a changé ta vie en tant que coach ?

Les langages de l’amour, cessez d’être gentil soyez vrai, les 5 blessures, puis tout ce qui concerne la PNL (Programmation Neuro Linguistique) pour comprendre les messages non verbaux. 

C’est quoi les principales difficultés du coach ? Et ses principales forces ? 

Comme évoqué précédemment , la principale difficulté c’est de réussir à trier entre ses propres désirs et ce que la personne souhaite accomplir dans sa vie même si cela va parfois à l’encontre de nos convictions personnelles. 

Sinon c’est un métier qui demande beaucoup de force mentale pour convaincre, emmener, inspirer confiance, avoir des qualités d’ »influenceurs » sans être sur insta ! 😉 La créativité est une force, il faut pas avoir peur de sortir du cadre pour provoquer le changement. 

Quels sont tes projets pour cette année ?

Je travaille avec Chloé à la création d’un week end de 3 jours dans un lieu ressourçant à destination des femmes dans un premier temps. La première thématique va être les relations amoureuses. Il s’agira de réfléchir avec des femmes, qu’elles soient en couple ou célibataires de manière holistique sur le couple : on abordera la sexualité, l’estime de soi, la confiance, le choix amoureux, le couple au quotidien, les séparations…

En trois jours, il s’agira d’avoir entamé un travail sur soi, d’identifier d’où viennent les problématiques et d’établir un plan d’action. Puis si les personnes souhaitent, un réseau de professionnels de confiance leur sera proposé 🙂

Merci pour tes réponses !

La thérapie cognitive processuelle

Anne Françoise Chaperon, psychologue clinicienne a accepté de répondre à mes questions sur la thérapie processuelle. Petite sœur des thérapies comportementales et cognitives (TCC, qui seront traitées dans un autre article), cet article explique cette nouvelle thérapie et comment elle a changé la vie des patients mais aussi des thérapeutes.

Peux tu te présenter?

Je suis Anne-Françoise Chaperon, je suis psychologue clinicienne, formatrice et superviseur en thérapie processuelle. Je me suis aussi formée à la TCC classique que je pratique depuis le début de ma carrière. C’est une thérapie qui me plait mais qui me donnait parfois le sentiment de bricoler. La TCC c’est un ensemble de techniques que j’avais du mal à relier entre elles pour en faire un tout cohérent dans une psychothérapie. C’était un peu au petit bonheur sans réelle vision d’ensemble.

Comment as-tu connu la thérapie cognitive processuelle (TCP) ?

Le Professeur de psychiatrie Irismar Reis de Oliveira, le créateur, est venu exceptionnellement du Brésil à Sainte-Anne (service de psychiatrie adulte parisien) pour former un groupe de thérapeute à cette technique. J’ai ensuite été certifiée par le professeur puis j’ai eu l’autorisation de former les collègues thérapeutes en France depuis 2013.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est la TCP ?

C’est une manière originale et très structurée de pratiquer les TCC, à partir d’une métaphore,
celle d’un procès. C’est en lisant le roman de Kafka que le Professeur Reis de Oliveira a eu
l’idée de travailler autrement en thérapie.

Cette métaphore permet de mettre en procès des autoaccusations du type « Je ne suis pas aimable » et de donner l’occasion de tester cette accusation sous d’autres angles à l’aide d’un avocat pour défendre et d’ un jury qui va regarder de manière neutre et impartiale.

Cela permet d’avoir un point de vue qui n’est plus seulement accusateur, mais aussi un point de vue de défense et plus rationnel. C’est ce changement de point de vue qui sera thérapeutique. On renforce des parties plus bienveillantes que chacun a en soi et donc on modifie les câblages cérébraux. La personne met alors un coup de balai dans les mécanismes précoces issus de l’enfance et de l’adolescence pour venir construire dans la mémoire à long terme une vision de soi plus juste et plus fonctionnelle.

En d’autres termes, cela permet de travailler de manière structurée sur les schémas inconscients.

Quel est le point de fort de cette thérapie ?

Elle est très fluide et organisée. Cela m’a permis d’avoir des résultats plus rapides. Elle soulage donc le thérapeute du syndrome de l’imposteur. Le thérapeute n’est jamais perdu, il sait où il en est et ce qu’il va faire à chaque séance. Le patient, lui se remet à avancer vers ses valeurs, vers la personne qu’il veut être. Le patient ne bloque pas, on avance toujours en même temps, c’est une co-construction. En fin de séance, thérapeute et patient peuvent observer le changement qui arrive dans le cerveau.

C’est plutôt rapide, en moyenne 12 à 18 mois.

En supervision avec les professionnels, je vois des personnes qui ont utilisé plein de techniques et qui se sentent perdus dans un plan thérapeutique qui n’est plus un plan mais un puzzle. La question « qu’est-ce que je fais maintenant ? » n’existe plus en thérapie cognitive processuelle.

Quelles sont ses limites ?

Cela aborde peu les aspects émotionnels de la thérapie. Je couple cela avec une thérapie émotionnelle quand on doit travailler sur du trauma, j’ai alors recours à d’autres techniques.

Une des principales difficultés cela pourrait être un patient qui ne fait pas ses tâches mais c’est rare. En effet, c’est une thérapie où c’est le patient qui bosse ! Quand on est en crise aigüe (un épisode dépressif majeur), il faut d’abord calmer la crise avec un traitement médicamenteux.

Pour les enfants, il existe aussi un protocole mais je n’y suis pas formée. J’ai fait ma première thérapie cognitive processuelle avec une adolescente de 16 ans.

Quelles sont les raisons d’entreprendre ce type de travail ?

On peut conseiller d’avoir recours à une thérapie cognitive processuelle quand il y a des échecs répétitifs. Par exemple les mêmes échecs sentimentaux, vous tombez amoureux d’une personne indisponible de manière récurrente ; vous le savez mais vous ne pouvez pas faire autrement. Cela peut être aussi des problèmes relationnels avec une répétition de schémas agressifs ou pas assez affirmés et donc des difficultés de place dans les relations sociales. Quand on est enfermés dans un système en boucle qui se retourne contre soi : isolement social, échec sentimental, échec dans l’éducation des enfants. En somme, toutes les problématiques qui empêchent de s’épanouir comme on l’aimerait.

Et en temps de covid, est-ce qu’on peut faire une TCP en visio ?

La visio plus que jamais, cela marche tout aussi bien voire mieux. Pendant le travail thérapeutique, on remplit des documents et grâce au partage d’écran, patient et thérapeute voient la même chose au même moment et c’est très facilitant pour avancer pas à pas. Le patient me voit écrire en même temps. Il y a un avantage non négligeable à la visio.

Et pour les thérapeutes qui souhaitent s’y former, comment faire ?

Pour s’y former actionform92@gmail.com on se forme en ligne comme on veut avec accompagnement pédagogique avec intervision et supervision pendant un an. Si on veut se faire certifier, c’est possible cela se passe avec le Pr De Oliveira.

Des références bibliographiques ?

Trial Based Cognitive Therapy, écrit par le Pr Reis De Oliveira. Pour l’instant il existe seulement des livres ou des articles en anglais. Si vous souhaitez avoir des articles, n’hésitez pas à envoyer un email à l’adresse citée au-dessus.

En thérapie : Fiction ou réalité ?

Qu’avez-vous pensé de la série événement En thérapie ?

Est-ce représentatif des coulisses du cabinet du psy ?

Photo de cottonbro sur Pexels.com

OUI

La série souhaite montrer l’intrication entre la vie privée du psy et sa vie professionnelle. Le thérapeute se montre vulnérable mais a quelques difficultés à faire la part des choses entre sa vie privée/psychique et sa vie professionnelle.

Son implication avec les patients ainsi que l’accent mis sur la relation thérapeutique sont, je trouve, les plus représentatifs de notre manière de travailler.

MAIS

Ce qui m’a frappée dès les premières minutes c’est l’agressivité des patients vis à vis du thérapeute. En même temps, les interprétations improbables qu’il déclame y sont peut être pour quelque chose ?

En tout cas, je remercie les personnes avec qui je travaille d’être bien plus bienveillantes dans mon cabinet que dans celui du Docteur Dayan !

Il en est de même pour les « contrôles » que nous appelons nous plutôt « supervisions » qui ne sont pas des séances de règlement de compte personnel à coups de théories. C’est bien plus reposant que ce qui est montré à l’écran…

Bon et puis, bien entendu, cela reste une série. Donc, pour rassurer toute personne en thérapie ou ayant envie de passer le pas, toutes les transgressions restent de l’ordre du fictif !

Alors maintenant, la grande question : cela va-t-il encore plus démocratiser la psychothérapie ? Affaire à suivre…

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Bienvenue sur le blog Club Psycho

Notre objectif est de rendre la psychologie clinique et la psychothérapie plus accessible.

Ce premier article est consacré à la présentation des différents types de psychothérapie.

Se lancer dans cette aventure mérite de connaitre les différentes approches pour pouvoir savoir ce qu’on souhaite et trouver le thérapeute qui saura répondre au mieux à nos attentes.

Psychologue, Psychiatre, Psychothérapeute

Tout d’abord, une des grandes différences se situe au niveau du parcours universitaire. Le psychiatre est titulaire d’un diplôme de médecine, il est donc habilité à donner un traitement médicamenteux et parfois, il s’est formé à la psychothérapie. Une partie des consultations peut donc être remboursée par la Sécurité Sociale. Le psychologue est titulaire d’un Master 2 de psychologie clinique. Il a souvent suivi des cursus supplémentaires de psychothérapie après ses études. Certaines mutuelles prennent en charge une partie de ses honoraires mais n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale.

En plus de leur titre de psychologue ou psychiatre, ils peuvent donc être psychothérapeute spécialisé dans une « école » de thérapie avec laquelle ils se sentent à l’aise.

Psychopraticien, Coach

Il s’agit d’un titre non réglementé qui indique que le praticien a suivi une formation à la psychothérapie. Souvent, celui-ci a choisi une école de psychothérapie (nous en reparlerons lors d’un prochain article). Le coach propose souvent un nombre de séance limité centré sur une problématique précise.

Les prochains articles seront destinés à détailler les différentes approches sous forme d’interviews de professionnels 🙂